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France's major gay magazine features Circle president and surrogate in a story about Fathers Through Surrogacy

Gay French magazine features Circle SurrogacyTetu Article on Surrogacy

April's cover story at Têtu, France's largest LGBT magazine, was dedicated to "Fathers through Surrogacy" (Papas grâce à la gestation pour autrui). The article reports that "Disappointed by co-parenting or simply wishing to raise their children full time, gay couples are using a surrogate mothers from abroad to achieve their desire for fatherhood." Because surrogacy is prohibited in France, these prospective dads turn to agencies like Circle Surrogacy. The article includes interviews and full page pictures of John Weltman, Circle President, and Lisa, a Circle surrogate that bore twins for a French gay couple last September.

John is quoted saying that a major reason for a dramatic increase in the number of gay fathers through surrogacy is the realization that "what was unthinkable twenty years ago is now within reach: live an ordinary life as a couple, have children." John also noted that "the share of foreign couples exploded: they were 25% in 2007, today they are 40%, from 36 different countries on five continents."

In her interview, Lisa described her introduction to the couple she was about to help become parents. She did not mind at all that they were French or that they were gay. "For me, the most important thing was to make sure that child goes to a family who would love him. I felt a real responsibility if I contribute to creating a new life on Earth, it should be welcomed by caring parents who would take good care of it. The money was of course a blessing for my family, as are the twins to their parents. But I could not have done all this only for money". Lisa also described how this pregnancy felt very different from those of her own children. "I loved the two children that I carried, and I still love them, but it feels more like the link that I could have with my nephews, for example. I am not their mother. This is what I explained to my children... For me, it's something special that we have lived through together as family, and I hope that this is how my children will remember it as well... Knowing that I am part of something so huge and important, it's extraordinary. Today, there is a family that would not have existed without me."

See below for excerpts of the French text and a link to a PDF file with the relevant article pages.

Extraits de "Papas Grace a la GPA"
Têtu, Avril 2009
Enquête Taina Tervonen

JOHN WELTMAN, FONDATEUR DE CIRCLE SURROGACY

« 90 % de nos clients sont gays et la moitié étrangers »

John Weltman

Gay et père de deux garçons de 12 et 14 ans nés grâce à une mère porteuse, John a fondé une association, à Boston, aux États-Unis, pour aider ceux qui recourent à la GPA. La plupart des 150 couples accompagnés chaque année sont homos, et près de la moitié vivent à l'étranger.

Quelle proportion les gays représentent-ils dans votre clientèle ?

Près de 90 % de nos clients sont gays, contre 40% au début de notre activité, en 1995. Le changement est dû, en grande partie, à la demande des gestatrices qui rencontraient des difficultés avec les couples hétéros, notamment dans la relation avec la mère intentionnelle lorsqu'elle avait été confrontée à l'infertilité. Or, celles qui travaillaient avec des couples gays n'avaient jamais ce genre de souci.

Y a-t-il d'autres raisons à cette augmentation des demandes de couples de gays ?

La société a changé, la législation aussi. Mais le plus gros changement s'est passé dans la tête des gays eux-mêmes. Ce qui était impensable il y a vingt ans est désormais de l'ordre du possible : vivre une vie de couple ordinaire, avoir des enfants.

Quel est le profil de vos clients gays ?

Chaque situation est différente. Il y a des millionnaires, tout comme il y a des profs ou des infirmiers qui renoncent à acheter une maison ou empruntent à leurs parents pour réaliser leur désir d'enfant. La part des couples étrangers explose : ils étaient 25 % en 2007, aujourd'hui ils sont 40 %, originaires de 36 pays différents sur cinq continents. Nous essayons, de notre côté, de limiter les coûts, afin que la GPA reste une alternative abordable à l'adoption internationale. Il nous arrive aussi de refuser des personnes. Par exemple, quand un célibataire n'est pas assez entouré ou que le désir d'enfant n'est pas partagé dans le couple. Nous souhaitons aussi que le couple développe une vraie relation avec la gestatrice.

Comment trouvez-vous les gestatrices ?

Beaucoup par internet. Nous publions aussi des annonces dans la presse locale, lue essentiellement par les classes moyennes. Le profil habituel est un couple avec des revenus de 40 000 à 70 000 dollars par an (30 000 à 54 000 euros), marié, avec deux enfants. Ce sont souvent des femmes au foyer, qui mènent une vie plutôt traditionnelle – et qui sont ravies de travailler avec des couples gays étrangers ! Elles doivent impérativement être déjà mères et passent des tests médicaux et psychologiques, ainsi que leur mari ou compagnon. Leurs motivations sont discutées en entretien, leur casier judiciaire est vérifié. Sur trente candidates, une seule sera retenue. TT

LISA, AMÉRICAINE, A PORTÉ DES JUMEAUX POUR UN COUPLE GAY FRANÇAIS

Lisa

« Une famille existe aujourd'hui, qui n'aurait pas pu exister sans moi »

«Je m'appelle Lisa, j'ai 33 ans, je suis mariée avec Chris. Nous avons trois enfants, de 6, 4 et 2 ans. Trois enfants, c'est assez pour nous… Mais après la naissance du petit dernier, j'étais un peu triste de ne plus pouvoir être enceinte. C'était un peu égoïste, à vrai dire ! À cette époque-là, en surfant sur les forums de discussion pour jeunes parents, je suis tombée par hasard sur une annonce pour une mère porteuse. J'en avais déjà entendu parler, comme tout le monde, mais là, ça m'a touchée. Ça m'a rappelé ce que j'avais ressenti il y a longtemps, quand j'ai appris qu'avec mon premier mari, nous ne pourrions jamais avoir d'enfants. Mark était déjà papa de grands enfants et avait subi une vasectomie qui était devenue irréversible. Pour moi, c'était la fin d'un rêve. Je ne me suis jamais vraiment faite à l'idée… Puis Mark est décédé. J'ai rencontré Chris, les enfants sont nés. J'ai un peu oublié tout ça… jusqu'à cette annonce. Je me suis dit que personne ne devrait être confronté à ce que j'avais vécu. J'ai commencé à chercher sur internet, à visiter les sites des agences. Ça m'avait l'air très cadré, bien organisé, ça m'a rassurée. Chris ne s'est jamais opposé à l'idée. Nos vies ont changé le jour où nous avons eu nos enfants, et je pense qu'il comprenait très bien cette volonté de devenir parents. Ses questions portaient surtout sur la solidité de mon désir : est-ce que j'étais sûre que je voulais être enceinte de nouveau ?

J'ai fini par contacter une agence. Il y a eu des questionnaires, des entretiens, sur ma vie, ma famille, ma santé, mes opinions, mes grossesses précédentes… Puis on m'a proposé ce couple français. Le fait qu'ils soient homos ne m'a jamais dérangé. Pour moi, le plus important c'était d'être sûre que cet enfant aille dans une famille qui l'aimerait. Je le ressentais comme une vraie responsabilité : si je contribuais à faire naître une nouvelle vie sur Terre, il fallait qu'elle soit accueillie par des parents attentionnés qui s'en occuperaient bien. L'argent a bien sûr été une bénédiction pour ma famille, tout comme le sont les jumeaux pour leurs parents. Mais je n'aurais pas pu faire tout ça uniquement pour de l'argent.

« Le fait que ce couple français soit homo ne m'a pas dérangé. Le plus important était que cet enfant aille dans une famille qui l'aimerait. »

Ma décision a surpris certains dans mon entourage. Mais je n'ai jamais eu de remarques désagréables, plutôt de l'admiration. Mon employeur et mes collègues étaient au courant, ça ne leur a jamais posé problème. Le jour de l'accouchement, j'étais très nerveuse parce que c'était une première césarienne pour moi. Chris était avec moi dans la salle, les papas attendaient dans une pièce à côté. Ils ont pu avoir les bébés tout de suite avec eux, j'étais très heureuse que ça se passe comme ça. Ils sont restés trois semaines avant de rentrer en France. Pour moi, l'histoire s'arrêtait là, même si je savais que je pourrai voir les enfants plus tard. Je savais qu'ils me manqueraient mais j'étais heureuse pour eux : ils allaient débuter leur vie avec leurs parents, et je savais qu'ils seraient heureux.

Je serais incapable d'expliquer pourquoi, mais cette grossesse a été très différente de celles de mes propres enfants. J'aime énormément ces deux enfants que j'ai portés, et je les aimerai toujours, mais cela ressemble plus au lien que je pourrais avoir avec mes neveux par exemple. Je ne suis pas leur maman. C'est ce que j'ai expliqué aussi à mes enfants. Ils savaient que les bébés ne resteraient pas avec nous après leur naissance, qu'ils iraient avec leurs parents. Ils en ont pris conscience petit à petit. J'ai répondu à toutes les questions qu'ils ont pu poser, et il y en aura certainement d'autres plus tard. Pour moi, c'est quelque chose de spécial que nous avons vécu ensemble, en tant que famille, et j'espère que c'est comme ça que mes enfants s'en souviendront aussi. Pendant la grossesse, j'avais toujours cette petite inquiétude : est-ce que je ne suis pas en train de me leurrer, est-ce que cela ne me gênera pas plus tard ?… Mais cela n'a jamais été le cas, au contraire. Savoir que j'ai participé à quelque chose d'aussi énorme, d'aussi important, c'est extraordinaire... Aujourd'hui, une famille existe qui n'aurait pas pu exister sans moi. » TT